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AYITI: Une reconstruction à deux vitesses

Alors que la Reconstruction officielle avance trop lentement pour beaucoup, une autre Reconstruction est déjà bien avancée…un peu trop même.

Tout de suite après le séisme du 12 janvier 2010, la reconstruction est devenue l’un des principaux sujets de réflexions et de discussion.

Déjà en mars 2010 un « Plan d’Action pour le relèvement et le développement d’Haïti » est élaboré. Dans ce plan, le gouvernement de M. Bellerive rapporte la vision et les orientations  définies par le Chef de l’État, M. Préval, dont l’un des points est l’encadrement de la société par « un État unitaire, responsable, garant de l’application des lois et de l’intérêt des citoyens, fortement déconcentré et décentralisé».

Ce rapport tient compte, entre autres, du dégagement et du traitement des débris ; ainsi que de la reconstruction des édifices. Il est mentionné que, Pour la reconstruction du domaine privé,  «L’application des règles va exiger un niveau de surveillance sans commune mesure avec la situation préexistante. Ici encore, il reviendra aux communes de jouer pleinement leurs rôles et elles devront être dotées des ressources adéquates pour ce faire en termes de personnel, d’équipement et d’encadrement. » 
L’installation à la présidence d’Ayiti, de M. Martelly n’a pas changé grand-chose au discours sur la reconstruction. Il est jusqu’à présent question de plan, de moyens de mise en œuvre et surtout de recherche de fonds. Le co-président de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) dont le mandat officiel a pris fin depuis le mois de novembre dernier, s’était plaint depuis avril 2011 qu’ils ne pouvaient «reconstruire qu’au rythme des décaissements de fonds ».
La reconstruction n’avance pas bien vite…et c’est donc sans trop grande surprise que les rapports, de la CIRH, des ONG ou du gouvernement, ne relatent le plus souvent que l’évacuation des débris et le lancement de la reconstruction de quelques édifices publics. 
 

Batiment d’une Banque,
en pleine rénovation

Pourtant, pendant que les officiels montent leurs plans et  attendent les fonds pour commencer la reconstruction, la reconstruction privée, elle, ne semble pas les attendre :

Les camions chargés de sable, de sacs de ciment serpentent les rues de la capitale à longueur de journée et toute la nuit. Un peu partout, des chantiers sont en pleine activité.

Les entreprises commercialisant les matériaux de constructions se montrent très agressives par leurs publicités vantant la qualité de leurs produits et de leurs offres.

La reconstruction privée, semble-t-il n’a aucun rapport avec l’État. Chacun se démène comme il peut. Ceux qui ont les moyens évidemment prennent le soin de tenir compte de soi-disant normes antisismiques. Ceux qui ne peuvent pas misent sur la force de leur foi.

C’est que le privé sait pertinemment qu’attendre l’État c’est décider de ne jamais commencer. Et les ONG le pensent peut-être aussi, distribuant ici et là des prospectus renseignant sur les normes de constructions et de fabrications des blocs.

La plupart des sinistrés délogés des places publiques se son vu remettre une somme d’argent. Mais qui sait où et comment ils vont vraiment se recaser ?

La reconstruction fait son chemin seule….sans l’aide de l’État.

Et machinalement, le pays semble reprendre le chemin qui l’a mené à la catastrophe de janvier 2010.

Évidemment, il est encore temps de changer de route. De retrouver une certaine Autorité Publique. D’avoir un État émet des permis de construire, qui fait superviser chaque chantier privé, pour approbation ou correction ; qui distingue les zones résidentiels des commerciales ; Un État qui tout au moins, publie les normes OFFICIELLES à respecter en matière de construction…de sorte d’éviter de commettre la même erreur que nos ainés d’après 1789.

Batiment d’une morgue, detruite
puis complètement recconstruite
Batiment d’une Radio-Télé
reconstruite et inaugurée en eptembre 2011

Quelques documents :

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