On a connu Rome.
On a connu l’Empire britannique.
On a connu les Mongols, l’Espagne impériale, la France napoléonienne.
Mais jamais, jamais, une puissance n’a dominé le monde comme les États-Unis.
Pourquoi ?
Parce que l’hégémonie américaine ne repose pas sur un seul pilier.
Elle repose sur la force, la norme, la finance et l’imaginaire.
La domination américaine est-elle militaire?Certainement.
Mais elle l’est autrement.
Les États-Unis disposent de la première armée du monde.
Ils peuvent frapper partout, à tout moment.
Ils encerclent les zones stratégiques par des bases, des flottes, des alliés.
Mais ce n’est plus seulement la guerre d’occupation.
C’est la guerre hybride.
Sanctions, renseignement, pression diplomatique, cyber, forces spéciales.
La force n’est pas toujours utilisée.
Mais elle est toujours supposée.
Et cette force rend le reste possible.
Le Venezuela en est la preuve.
Pas nécessairement d’invasion de grande ampleur,
Mais des menaces.
Un étouffement économique.
Des opérations clandestines.
Des interventions chirurgicales.
Et, en arrière-plan, une puissance militaire prête à intervenir.
Le dollar est la monnaie du monde parce qu’il est protégé par une puissance militaire.
Les sanctions américaines fonctionnent parce qu’elles sont crédibles.
Le droit américain s’impose au-delà de ses frontières parce qu’il est adossé à la force.
Rome faisait obéir par la légion.
Londres par la flotte.
Washington fait obéir par la norme…
soutenue par l’armée.
Hollywood façonne les rêves.
Les universités façonnent les élites.
Les plateformes façonnent les comportements.
Mais derrière cette domination douce, il y a toujours le dur.
Est-ce la plus grande hégémonie de l’histoire ?
Non, si l’on parle de territoires occupés.
Oui, si l’on parle de puissance globale.
C’est une hégémonie sans colonies,
mais pas sans violence.
Une hégémonie indirecte,
mais profondément militaire.
Et pourtant, elle est contestée.
La Chine monte.
Le Sud global résiste.
Les règles sont de plus en plus discutées.
L’histoire est claire :
aucune hégémonie n’est éternelle.
La vraie question n’est donc pas de savoir
si les États-Unis sont puissants.
La vraie question est de savoir
combien de temps encore le monde acceptera cet ordre.

